Baie du Mont-Saint-Michel / Bretagne romantique / Côte d'Emeraude / Pays de Dol / Saint-Malo et son agglomération
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06/03/2023
Une belle cacophonie ! Ce qui s'est passé – ou plutôt ce qui ne s'est pas passé – à l'Assemblée a donné une idée de notre "représentation nationale", 234 ans après les états généraux de 1789.
Passé le choix de l’article 47-1 de la Constitution qui permet de légiférer par ordonnance « si le Parlement ne s’est pas prononcé dans un délai de cinquante jours », place aux vociférations, à la médiocrité argumentaire et aux manœuvres d'appareils en vue des prochaines élections présidentielles... Le but de toute cette agitation plus ou moins feinte semblait bel et bien d'éviter tout débat sur un sujet qui, pourtant, n'est pas sans importance, et nous l'avions compris dès le départ.
Ce que le Macron et son gouvernement cherchent à faire passer, c'est un impôt supplémentaire sur le travail, impôt dont devront s'acquitter, notamment, les plus faibles et les plus vulnérables, celles et ceux qui, faute d'études longues, ont dû travailler tôt, celles et ceux qui effectuent des métiers pénibles, celles et ceux (celles, surtout) dont la carrière a été entrecoupée de périodes de chômage, d'arrêts de travail ou de congés maternité.
Les tentatives d'explication du gouvernement ont sonné un peu creux. À se demander si cette réforme n'a pas été pondue par quelque cabinet de conseil, tant les unes (Élisabeth Borne, par exemple) et les autres (Olivier Dussopt, pour ne citer que lui) sont apparus mal à l'aise, embrouillés et, pour tout dire, en dessous de leur sujet.
Quoi qu'il en soit, en annonçant clairement que les recettes dégagées par la réforme serviraient à financer d’autres dépenses que les retraites (transition énergétique et climatique, infrastructures, etc.), le gouvernement s'est contredit, dès le départ, sur sa pseudo-volonté de "sauver notre système par répartition". Ce seul aspect des choses suffirait à provoquer et justifier notre révolte.
Calme, digne et déterminé, notre mouvement est exemplaire. Il est temps, aujourd'hui, de passer à un niveau supérieur. D'actionner une arme puissante qui ne s'use que lorsqu'on ne s'en sert pas : la grève reconductible.
En mettant la France à l'arrêt à partir du 7 mars, notre force va parler.
Et il faut que cette voix domine le vrai-faux tumulte politique !
04/02/2023
Il faut le reconnaître : nous vivons un moment historique.
Rarement un tel consensus s'est fait autour d'un projet de réforme dont le rejet est massif parmi la population.
Dans cette bataille, deux tactiques s'affrontent.
Le gouvernement a fait le choix de la vitesse. À marche forcée vers le vote de sa réforme, il ne laisse qu'une place marginale, disons même carrément négligeable, à la négociation.
De notre côté, la stratégie unitaire, à la fois syndicale, générationnelle et professionnelle, s'est matérialisée par des manifestations comme on en avait rarement vues. L'iniquité de la réforme et la brutalité de la méthode mobilisent désormais très au-delà du périmètre syndical, et la force des rassemblements a de quoi nous réjouir.
Entre les deux, le fragile accord obtenu par la majorité très relative du gouvernement Borne-Macron, commence à se fissurer. Les uns et les autres craignent pour leur avenir politique et ils ont de quoi.
C'est à nous de jouer. Nous nous adressons aux grévistes du 19 et du 31 janvier : encore un petit effort ! A celles et ceux qui n'ont pas encore rejoint le mouvement : il n'est pas trop tard ! car si vous aussi vous bougez, alors ensemble nous gagnerons une puissance telle qu'il rendra impossible tout accord politique et toute cuisine d'arrière-salle parlementaire.
Deux rendez-vous sont programmés : les 7 et 11 février.
Si ces deux journées confirment voire amplifient notre mobilisation, nous aurons gagné.
Les rendez-vous :
27/01/2023
Un mouvement aussi massif (de l'aveu même du ministre du Travail) ne peut être l'effet d'une hallucination collective.
Nous avons bien vu où le gouvernement voulait en venir : par l'allongement de l'âge du départ en retraite, par celui de la durée de cotisation, beaucoup de salarié(e)s n'auront pas la force d'aller jusqu'au bout et partiront en retraite avec une pension diminuée. Des conditions idéales pour pousser ces mêmes salariés à se tourner vers l'épargne retraite...
Emmanuel Macron permettra ainsi aux banques (un secteur qu'il connaît bien) et aux assurances de s'emparer des 14% de notre PIB qui, grâce à nos cotisations, financent les retraites par répartition et échappent à la sacro-sainte spéculation.
Oui, nous avons bien vu tout cela et nous ne sommes pas dupes !
Nous ne sommes pas né(e)s pour travailler jusqu'à l'épuisement...
En période de forte inflation, le moment est mal choisi pour imposer une réforme contre une majorité de citoyen(ne)s.
Si le système des retraites doit un jour être réexaminé, d'autres sources de financement existent, à commencer par la taxation des dividendes offerts aux actionnaires du CAC 40.
L'épargne privée n'offrira aucune garantie aux épargnants et promet des écarts plus abyssaux encore entre riches et pauvres.
Le 19 janvier, nous avons envoyé un signal fort !
Le gouvernement est un peu dur d'oreilles ? Soyons plus nombreux et plus nombreuses encore dans la rue, en grève, le 31 janvier !
À Saint-Malo, à Rennes, à Combourg... Rendez-vous mardi prochain et, ensemble, faisons entendre notre détermination !
14/01/2023
Dans sa longue interview publiée dans le quotidien Ouest-France (14-15/01/2023), Olivier Dussopt, ministre du Travail, rappelle qu'à la fin des années 1970, trois actifs cotisaient pour un retraité, alors qu'aujourd'hui le rapport est réduit à 1,7 actifs pour un retraité. D'où le problème financier, qu'il faut résoudre aujourd'hui pour garantir l'avenir de notre système par répartition né au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.
C'est imparable. Et, tout à sa logique, le gouvernement tient pour acquis qu'un financement pérenne repose sur l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge de départ en retraite.
Ni la population française ni, a fortiori, la population mondiale, ne pourront augmenter éternellement. L'ONU observe que la fécondité moyenne de la population a été divisée par deux depuis les années 1950, et que cette tendance devrait encore se confirmer d'ici la fin du siècle. En clair, nous aurons de moins en moins d'enfants.
On peut espérer que nous continuerons à vivre plus vieux ("ce qui est une bonne nouvelle", dixit Olivier Dussopt).
Mais dans ces conditions, on ne voit pas comment le financement de notre système de retraite pourrait reposer sur les seul(e)s actifs/ves.
À moins d'envisager, à long terme, sa disparition pure et simple au profit d'un système par capitalisation dont on sait à qui il profite le plus...
C'est la raison pour laquelle la CGT revendique la mobilisation des aides publiques octroyées aux entreprises (157 milliards d'euros annuels), ou encore de taxer les dividendes et les revenus financiers des entreprises (80 milliards distribués en 2022 aux actionnaires du CAC 40).
C'est aussi pourquoi la CGT se bat pour la réduction du temps de travail à 32h par semaine, couplée à une hausse générale des salaires (Smic à 2 000 euros brut), deux mesures simples, accessibles et propres à faire baisser le taux de chômage et, ainsi, à générer des recettes supplémentaires.
Mais revenons à M. Macron et à son gouvernement, dont la complaisance à l'égard des riches n'est, hélas, plus à démontrer.
Ils savent qu'avec un âge de départ en retraite sans cesse augmenté, nombreux seront ceux qui ne l'atteindront pas et qui devront se contenter d'une pension réduite voire insuffisante. Ce n'est pas pour rien qu'on parle d'emploi des seniors (ben voyons !) et, surtout, de la possibilité de cumul emploi-retraite. Et, dans tous les cas, on reste pudique sur la paupérisation "en marche" des futur(e)s retraité(e)s.
D'une manière générale, voit-on la misère disparaître ? Assiste-t-on à la réduction des écarts entre riches et pauvres ?
Aujourd'hui, la pauvreté, petite ou grande, s'étend aux familles monoparentales, aux jeunes, aux actifs qui accèdent difficilement à l'emploi autrement que dans des conditions précaires...
Selon l'INSEE, 14,6% de la population française vivait, en 2019, en dessous du seuil de pauvreté monétaire, c'est-à-dire avec moins de 1102 euros pour une personne seule.
Des pensions minimum à 85% du Smic net (mais réservées aux personnes ayant cotisé tous leurs trimestres), soit 1200 euros brut, voilà ce que le gouvernement nous présente comme un cadeau.
Leur dire "merci" ? Très peu pour nous !
La manœuvre du gouvernement est injuste et brutale ? Notre réponse doit être forte et rapide !
Tous et toutes en grève, jeudi prochain ! Discutons entre nous afin de convaincre nos collègues, nos connaissances, nos amis, et tous ensemble entrons dans la lutte !
Si nous faiblissons aujourd'hui... pauvres de nous demain !
21/12/2022
La revalorisation salariale dite « Ségur » prend en effet la forme d'un complément de traitement indiciaire (CTI) de 49 points d'indice majoré, équivalent à 183 € net par mois jusqu'en juin 2022 et, avec la hausse du point d'indice de 3,5% intervenue cet été, le CTI représente environ 189 € net par mois depuis le 1er juillet 2022 (ceci précisé pour en calculer l'effet rétroactif au 1er avril 2022).
Ces points d'indice seront pris en compte dans le calcul des retraites et c'est là tout l'intérêt du CTI.
Pour les agents contractuels de droit public, en revanche, la revalorisation prend la forme d'une « indemnité équivalente » au CTI.
Dans la Fonction publique territoriale, le CTI s'appliquera aux conseillers et assistants territoriaux socio-éducatifs, les éducateurs territoriaux de jeunes enfants, aux moniteurs-éducateurs et intervenants familiaux territoriaux, agents sociaux territoriaux, psychologues territoriaux, animateurs et adjoints d'animation territoriaux. Les aides à domicile des services d'aide et d'accompagnement à domicile territoriaux sont également concernés.
Les mobilisations massives entamées à la fin du mois de novembre ne sont pas étrangères à cette avancée sociale importante pour un secteur resté dans la zone d'ombre des négociations menées dans le cadre du Ségur de la santé depuis maintenant deux ans.
C'est une belle victoire !
Hélas, les oublié(e)s du Ségur sont toujours trop nombreux : assistants familiaux et maternels, Atsem, professionnels des crèches, agents administratifs des services sociaux, médico-sociaux, personnels non en charge de suivis socio-éducatifs, etc. Le prétexte ? L'obtention de la prime est conditionnée au fait d'exercer ses fonctions d'accompagnement socio-éducatif « à titre principal » (c'est-à-dire a minima 50 % du temps de travail).
Pour ces personnels, également "de première ligne" et dont la charge de travail est comparable à celle de leurs collègues, la reconnaissance passera par la poursuite de la mobilisation. Certaines collectivités se sont d’ores et déjà engagées à compenser ces inégalités de traitement en poussant le curseur du RIFSEEP (régime indemnitaire). Certes, ce n'est pas la solution idéale mais, en attendant que des mesures complémentaires soient prises au niveau national, c'est mieux que rien.
La Fédération CGT des Services publics a d'ores et déjà interpelé le Ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques pour exiger l’ouverture immédiate de négociations concernant les oublié(e)s du Ségur, soit plus de 100 000 agents territoriaux.
Pour que les métiers restent attractifs et pour que celles et ceux qui les exercent soient rémunérées dignement, le ministère devra céder.