Baie du Mont-Saint-Michel / Bretagne romantique / Côte d'Emeraude / Pays de Dol / Saint-Malo et son agglomération
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25/04/2023
En matière de manifestations de grande ampleur, nul ne saurait prédire la suite, surtout quand elles s'inscrivent dans la durée et couvent une colère contenue.
Emmanuel Macron considère sans doute que c'est en multipliant les déplacements et les déclarations sur tous les sujets sauf celui des retraites, qu'il nous aidera à passer à autre chose. Une telle agitation ne trompe personne et le bruit des casseroles est là pour le lui rappeler.
Lundi prochain sera l'occasion pour nous de manifester, encore, notre opposition ferme et définitive à une réforme inutile, nuisible, injuste, brutale. Mais ce sera aussi et surtout l'occasion de nous amuser. Car le 1er mai est jour de fête ! Fête non pas du Travail mais des travailleurs !
Ne boudons pas notre plaisir de nous retrouver, de discuter, de partager nos points de vue, d'imaginer la suite... Car le monde de demain, c'est aussi à nous de le construire !
Paraphrasant un général célèbre, notre secrétaire générale Sophie Binet l'a dit : avec cette loi promulguée dans le silence de la nuit, nous avons peut-être perdu une bataille, mais nous n'avons pas perdu la guerre.
D'ores et déjà, nous avons pris conscience de notre force. Notre colère a mûri. Quels fruits portera-t-elle ?
Ceux, pourris, de l'extrême-droite, dont la cheffe de file (qui n'a jamais travaillé de sa vie) se tient dans une prudente réserve en espérant "capitaliser", comme on dit, sur le ressentiment populaire ? Les pays qui ont cédé aux sirènes néo-fascistes n'ont pas vu la misère reculer, ni l'écart entre les nantis et les pauvres se combler. Au contraire.
Nous l'avons déjà dit : nous sommes engagés dans une course de fond. Les contre-pouvoirs, dont le syndicalisme fait partie, sont encore insuffisants et il nous appartient de les renforcer, en particulier en réinvestissant massivement les syndicats. Il n'y a pas de meilleure façon de réexaminer la valeur du travail et la question du partage des richesses et d'imposer de nouvelles règles, plus justes et plus pérennes.
Une fois cette force pleinement (re)gagnée, nous réaliserons qu'il est possible de construire, ensemble, des alternatives : énergie, santé, transports, culture, ressources, préservation de la nature, etc. sont des biens communs dont la gestion nous appartient. Comment nous les réapproprier ? Comment les préserver d'une doxa ultra-libérale qui, depuis longtemps, a montré ses limites ?
Le 1er mai, faisons danser les verres et repensons le monde pour mieux le reconstruire !
LUNDI 1er MAI, REJOIGNEZ LES CORTÈGES SUR VOTRE TERRITOIRE :
11/04/2023
"On ne peut pas parler de crise démocratique. Les mots ont un sens et si on les galvaude on fait monter les extrêmes."
C'est par cette pirouette qu'Emmanuel Macron a répondu au patron de la CFDT, alors que la rencontre avec les organisations syndicales, organisée à grand renfort de com' par le gouvernement, s'était soldée par un échec total.
Échec, car ni Élisabeth Borne ni, a fortiori, Macron, ne veulent céder sur l'essentiel : le report de l'âge de départ en retraite à 64 ans. Mais ils se disent prêts à discuter pénibilité, emploi des seniors et tutti quanti. Ainsi, aujourd'hui, ils seraient soudain disposés à marcher à rebours d'une politique ultra libérale qui, depuis des années, n'a cessé de creuser l'écart entre possédants et possédés ? Permettons-nous d'en douter un peu.
Tout à son art d'enjamber les crises, le président Macron pourrait bien se prendre les pieds dans le tapis. Car la réalité de la crise démocratique devient aussi visible et flagrante que la réalité de la crise sociale ! Nous allons voir comment le Conseil constitutionnel se débarrassera de la patate chaude, mais il y a fort à parier qu'en dehors de quelques remontrances de circonstance, la réforme sera légitimée par cet autre organe essentiel au bon fonctionnement de notre démocratie (et dominé par de fervents macronistes, mais bon, où est le problème ?).
De notre côté, nous disposons d'un outil fabuleux pour construire un rapport de force et défendre, non seulement nos intérêts, mais aussi, finalement, le fonctionnement normal d'une démocratie qui se respecte : le syndicalisme ! On le constate chaque jour avec davantage d'acuité : aujourd'hui, trop peu de salarié.es, en France, sont syndiqué.es. En se privant de cet espace de solidarité, d'apprentissage, de culture et de lutte, on est vulnérable et finalement impuissant.
Emmanuel Macron se dédouane trop vite en attribuant la montée des extrêmes aux syndicalistes qui, depuis le début du mouvement contre la réforme, se sont montrés exemplaires dans la façon de manifester leur colère. Là, encore, jésuitisme : le chemin qu'emprunte le fascisme pour accéder au pouvoir est toujours pavé de misère et de frustrations sociales.
En attendant, la mobilisation continue. Nouvelle journée de grèves et de manifestations jeudi 13 avril.
Nous y serons.
02/04/2023
Jeudi 6 avril marquera la onzième journée de mobilisation contre la réforme des retraites imposée brutalement par M. Macron et son gouvernement. Et il est clair que l'utilisation - une fois de plus, une fois de trop - de l'article 49.3 constitue un marqueur indélébile du second quinquennat du président Macron : il y a un "avant" et un "après". Et dans cet "après" que le chef de l’État pensait être dégagé d'une colère somme toute prévisible donc gérable, il nous appartient de doucher cette assurance et de démontrer que les mesures injustes ne passent pas comme des lettres à la Poste.
En ce sens, les journées de mobilisation sont importantes, car elles portent ce message clair : nous n'acceptons pas ! Et, de journée en journée, de manifestation en manifestation, nous nous retrouvons autour de valeurs communes, nous discutons, d'une certaine manière nous nous organisons. Et surtout, nous préservons une flamme qui ne doit pas s'éteindre, celle de notre indignation face à des règles démocratiques détournées et bafouées.
Il faut consolider nos positions car, maintenant, aucune offensive sociale ne saurait l'emporter sans de solides bases.
Notre légitimité est incontestable et nos revendications sont justes. À tort ou à raison, le choix de la grève générale illimitée n'a pas été fait. Certains le regrettent. Mais la grève générale ne se décrète pas et les regrets et les critiques ne nous feront pas avancer. D'autres choix tactiques sont à l’œuvre et il nous appartient de les soutenir. Comment ?
Collectivement, en participant aux journées de mobilisation (par la grève, le débrayage et/ou même en rejoignant les marches en soirée organisées dans de nombreuses villes) mais aussi individuellement, en soutenant financièrement les grévistes via les caisses de grève qui ont été mises en place (dont celle de la CGT). Par cette manifestation de solidarité, nous permettons à celles et ceux dont la grève impacte significativement l'économie, de maintenir leur effort en limitant leur perte de salaire.
Quand les patrons iront voir le président Macron pour lui dire d'arrêter les frais, pensez-vous qu'il restera sourd ? Macron, qui gouvernera durant quatre ans encore, doit s'attendre à de futures offensives sociales. Alors, individuellement toujours, les salarié.es peuvent se préparer, par exemple en épargnant des jours de congé sur leur Compte Épargne-temps (les CET étant monétisables sous certaines conditions, cela permet de compenser les pertes de salaire engendrées par les journées de grève). Mais surtout, en se syndiquant massivement, les salarié.es acquerront une culture de l'action et de la solidarité : deux facettes d'un combat où l'union rend invincible.
Notre combativité est là. La structurer et la renforcer, voilà tout l'enjeu des semaines et des mois à venir.
16/03/2023
Un gouvernement "à l'écoute", "ouvert au dialogue", qui jamais au grand jamais n'aurait recours au 49.3 pour faire passer une réforme de cette importance...
Ça, c'est la façade. Derrière, la réalité se traduisait par un refus de toute négociation (ou alors à la marge), un déni face aux manifestations d'ampleurs rarement atteintes, une fin de non-recevoir à la demande de rendez-vous exprimée par l'intersyndicale auprès de M. Macron, et un 49.3 qu'on s'était déjà résolu à utiliser face à l'absence de majorité au sein de l'Assemblée nationale.
Que faut-il pour que le gouvernement réalise notre présence ? Notre existence ?
À l'heure actuelle, où donc réside la légitimité démocratique ? Qui est le véritable garant de la justice sociale ? Qui protège qui, au juste ?
Emmanuel Macron et ses ministres sont en train de retourner le pays et ses valeurs. Ce sont eux qui créent les conditions d'un recours à la violence que certain.es seront tenté.es d'utiliser, par rage et par désespoir, comme en leur temps celles et ceux que l'on a baptisés "Gilets jaunes" et qui, comme nous aujourd'hui, protestaient à leur manière contre ces mêmes inégalités sociales.
Hélas, la violence désespérée ne mènera nulle part.
Depuis le début de ce mouvement, nous avons toutes et tous montré l'exemple. L'exemple de la détermination, de l'unité, de notre volonté de défendre d'autres solutions que celle qui consiste à nous contraindre à un nouvel impôt sur le travail. Voilà toute notre force, et c'est une force que le gouvernement serait avisé de ne pas minimiser.
Demain, les manifestations continueront. Jusqu'au retrait de la réforme.
Mais demain, d'autres Macron, d'autres Borne, d'autres Dussopt voudront saccager, encore, les conquêtes sociales que nous, citoyen.nes, avons gagnées par la lutte, par la grève, parfois par le sang.
Le syndicalisme est un espace de solidarité et un outil qui ne demande qu'à servir.
Il est encore fort. La preuve, s'il en fallait, ces dernières semaines, ces derniers mois.
Doit-il se réinventer ? Sans doute.
Pour cela, il faut investir ce champ de tous les possibles.
Syndiquez-vous !
Manifestation jeudi 23 mars à 11h devant la médiathèque de Saint-Malo
Téléchargez le communiqué de la Fédération CGT des services publics
12/03/2023
L'occasion nous est donnée, grâce au quotidien Le Monde daté de vendredi 10 mars, de méditer sur le système des valeurs défendu par celles et ceux qui nous gouvernent.
À la une : "L'insolente santé des entreprises du CAC 40."
En page : "Les bénéfices des multinationales françaises ont culminé à plus de 150 milliards d'euros en 2022."
Derrière les quarante société de l'indice-phare de la Bourse de Paris, des familles : Bompard (Carrefour), Agnelli (Stellantis), Bettencourt-Meyers (L'Oréal), Pinault (Kering), Dumas (Hermès) ou encore Arnault (LVMH).
Des familles qui n'ont aucun problème d'argent, qui ne pâtiront jamais de la dégradation (destruction ?) de notre système de santé et pour qui la retraite, si toutefois la question se pose, sera de toute façon dorée à l'or fin.
Voilà pour les familles. Derrière elles, des actionnaires.
Des actionnaires, déjà gratifiés d'excellents retours l'an dernier, qui ont empoché 81,6 milliards d'euros au titre de l'exercice 2022, partagés entre dividendes et rachat d'actions. Ces heureux gagnants se justifieront en reprenant l'argument des partisans du libéralisme décomplexé, selon lequel les dividendes rétribuent le risque et les actions sont rachetées pour mieux réallouer ces capitaux aux nouvelles entreprises qui en ont besoin.
Sous ce brave petit monde qui met la planète en coupe réglée sans avoir l'air d'y toucher, il y a les salarié.es.
Les salarié.es à qui on refuse des augmentations de salaire au nom de la crise et/ou de la compétitivité.
Les salarié.es à qui on demande d'en faire toujours plus.
Les salarié.es qui subissent l'inflation, souvent la précarité, et les effets de la crise climatique.
Bénéficiant d'une pension moyenne de 4400 euros net mensuels, les sénateurs et sénatrices ont voté le report de l'âge de départ en retraite à 64 ans. De fait, ils et elles ont décidé de faire payer aux salarié.es un impôt sur le travail.
Et tous savent que les économies réalisées ne serviront pas à "sauver notre système par répartition" mais à financer d'autres dépenses. Parce que ces autres partisans du libéralisme décomplexé ne sont pas hostiles – bel euphémisme – à un système d'épargne retraite qui fera triompher le chacun pour soi et le tout pour la Finance.
Déjà, les jeunes salarié.es optent, de plus en plus, pour ce système d'épargne qui n'offre aucune garantie aux épargnant.es mais promet, dans les années à venir, de grandioses catastrophes humaines et sociales.
Prochaine étape : la Sécurité sociale (belle manne bien juteuse pour le secteur privé)...
Jusqu'à quand le saccage ?
Et pour nous, salarié.es, sans emploi ou retraité.es, quelles perspectives ?
N'est-il pas temps de réinvestir massivement le champ syndical ? Notre époque n'exige-t-elle pas que la jeunesse se réapproprie ce magnifique outil de la conquête sociale, et que son souffle nous entraîne ailleurs que vers l'abîme où le libéralisme décomplexé finira par nous faire plonger ?
MANIFESTATION À SAINT-MALO LE 15 MARS