Baie du Mont-Saint-Michel / Bretagne romantique / Côte d'Emeraude / Pays de Dol / Saint-Malo et son agglomération
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03/04/2026
Toujours est-il que la CGT n'a pas levé son préavis de grève et ne compte pas le faire dans l'immédiat. Pourquoi ? Parce que pour le moment, la Ville de Saint-Malo ne s'est engagée que sur la forme, pas sur le fond. Après celle du 31 mars, la seconde délégation reçue par M. Gilles Lurton, a largement pu s'exprimer et nous avons pu observer M. le maire de Saint-Malo prendre beaucoup de notes. Il faut espérer qu'il prenait surtout conscience de l'importance d'un problème pour lequel les représentant.es CGT du personnel ont pourtant tiré la sonnette d'alarme à de nombreuses reprises au Comité social territorial !
Pour les personnels des établissements scolaires : des missions qui ont évolué vers davantage de pénibilité, avec l'école inclusive qui les oblige à assurer sans moyens et sans formation des missions d'AESH, avec l'accueil des moins de trois ans et son lot de couches à changer et de postures propices aux TMS, avec un management démissionnaire ("Faites ce que vous pouvez") et rigoriste (pas ou peu d'aménagements horaires) , avec une hiérarchie qui méconnait les réalités de terrain et déséquilibre les charges de travail, avec des missions devenues obligatoires en accueil de loisirs durant les vacances scolaires, qui dévalorise les compétences respectives, crispe les relations de travail et maintient les agent.es des écoles sous pression...
Des agentes des crèches étaient également en grève. Pour elles, une dégradation des conditions de travail parfaitement comparable, avec les adaptations (premiers temps des tout-petits en multi-accueil, avec plus de pleurs et davantage d'attentions) qui génèrent fatigue et stress, une organisation du travail qui impose pratiquement tous les congés, une invisibilité et un manque de reconnaissance criants : d'autres collectivités ont adopté la prime d'attractivité pour les personnels de la petite enfance. Saint-Malo, non, malgré les demandes réitérées de la CGT...
Pour tout.es : un engagement en première ligne (souvenez-vous, le Covid...), un attachement profond à ces métiers au service des enfants et de leurs parents, un dévouement certain (nombreuses sont celles qui attrapent les maladies transmises par les petits et viennent travailler quand même) mais un management qui trop souvent les infantilise et disqualifie leur expertise, des rémunérations qui n'évoluent pas ou si peu, un épuisement qui gagne (moyenne d'âge des agent.es à Saint-Malo : autour de 50 ans) et un sens du travail qui s'érode.
Un mot sur la précarité dans les services municipaux, que nous dénonçons de longue date : l'administration nous a répondu qu'à ce jour, après avoir déprécarisé un nombre significatif de personnels, seuls six agent.es restaient concerné.es. Nous répondons : ce sont six précarités de trop ! Et nous en profitons pour dénoncer une précarisation qui n'a toujours pas été éradiquée puisque la Ville de Saint-Malo continue de faire signer des contrats horaires ! (nous pensions que cette horreur n'existait plus). Ces agent.es travaillent sans savoir combien ils/elles seront payé.es ! Une forme moderne de lumpenproletariat délibérément admise par la Ville de Saint-Malo. Saint-Malo !
Voilà, en substance, ce que M. Gilles Lurton a pu noter. Il a promis un cadre de travail avec un groupe de travail composé d'agentes et de membres de l'administration (il se réunira, en principe, à compter de mardi prochain). Puis un comité de pilotage composé de représentant.es syndicales et syndicaux, et d'élu.es. Pour des décisions énoncées en juin et mises en œuvre à la rentrée de septembre.
Nous verrons bien. Nous serons attentifs. Et surtout, nous ne lâcherons rien !
26/03/2026
Atsem, agent.es techniques affecté.es à l’entretien des locaux ou à la restauration, titulaires et contractuel.les, de la maternelle et du primaire… Le quotidien des personnels travaillant dans les écoles s’est considérablement dégradé depuis plusieurs années : missions et tâches supplémentaires (notamment en accueil de loisirs), surcharge de travail résultant de l’absence d’agent.es déployé.es dans d’autres écoles ou en arrêt, polyvalence extrême et adaptabilité exigée par l’employeur, heures de travail effectif non payées ni récupérées, prise en charge d’enfants difficiles voire porteurs de troubles, prise en charge des moins de 3 ans (changement de couches, postures accroupies , etc.) sans matériel adapté, enchaînement des journées de 10h où la pause méridienne est souvent purement théorique, exposition aux TMS, aux troubles de l’audition (environnement bruyant), à la surcharge mentale… Ajoutez à cela une bonne dose de précarité, avec des agent.es contractuel.les depuis plus de 6 ans… Un management sourd et même parfois infantilisant…
Beaucoup d’agent.es d’autres services pourraient se reconnaître à travers cette liste à la Prévert (sans la poésie) où le travail, au départ librement choisi, se change en épreuve. Où les missions, autrefois pleinement partagées, perdent de leur sens. Ainsi meurt le service public.
De notre côté, sur plusieurs de ces revendications recueillies de longue date, nous avons tenté de faire entendre la parole des agent.es auprès des instances dites de dialogue social de la Ville de Saint-Malo. Il faut croire que ce « dialogue social » tant vanté par l’équipe municipale sortante (et entrante) n’a pas été très concluant.
Ce sont les agent.es des écoles qui ont décidé de faire entendre, par la grève, leurs revendications. Globalement, elles portent sur :
- la déprécarisation des agent.es et leur reconnaissance dans les missions qu’ils et elles exercent
- la révision et correction des cotations du régime indemnitaire
- la prise en compte de la parole des agent.es dans le management et la restructuration des services
- la prise en compte des pénibilités nouvelles à travers l’IFSE ou les primes
- la souplesse horaire et la justification des « nécessités de service » en cas de refus
- l’embauche dans les services en tension afin de rendre la charge de travail supportable
- la rémunération de toutes les heures de travail effectif
Ensemble, nous y avons ajouté le paiement des jours de grève. Nous estimons en effet que la Ville de Saint-Malo est pleinement responsable de la grève à laquelle les agent.es ont été contraint.es, faute d’avoir été écouté.es et entendu.es malgré de multiples tentatives auprès de leur hiérarchie ou via les représentant.es du personnel auprès des instances.
Toutes ces revendications sont légitimes. Dans le fond, elles concernent également de nombreux.ses agent.es en dehors du périmètre scolaire. C’est pourquoi nous adressons notre appel à la grève à tous les personnels, titulaires et contractuels, de la Ville et du CCAS de Saint-Malo.
Stop à la dégradation de nos conditions de travail !
Stop à l’insécurité professionnelle !
Stop au management basé sur le contrôle et non sur le bien-être des agents et la qualité du service public !
Pour une pleine reconnaissance et une meilleure indemnisation des contraintes nouvelles soumises aux agent.es !
Ces dernièr.es sont les meilleur.es expert.es de leur travail et de son organisation. L’employeur doit les écouter et prendre en compte leurs propositions !
Tous et toutes en grève, jeudi 2 avril 2026 à 11h30 dans la cour du Château !
Télécharger le préavis de grève
05/03/2026
Saint-Malo, le 25 février 2026
Madame, Monsieur,
Les élections municipales et communautaires auront lieu les 15 et 22 mars prochains.
Une échéance très importante pour le quotidien des travailleuses et des travailleurs du fait des prérogatives des communes et intercommunalités : éducation maternelle et primaire, petite enfance, culture, sport, logement, aménagement du territoire, santé et action sociale...
Près de 2 millions d’agent·es mettent en œuvre les politiques publiques décidées par celles et ceux qui seront élu·es le 22 mars au soir. Elles et ils doivent faire face à des politiques d’austérité qui les privent des moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions : 5,3 milliards d’euros d’efforts demandés, toutes collectivités confondues. Le statut de fonctionnaire subit également de fortes attaques : « Il y a 35 % d’agent·es contractuel·les dans les municipalités », a dénombré Sylvain Vallat, membre du bureau de la fédération CGT des services publics. « Autant de variables d’ajustement et de conséquences en termes d’efficacité des services publics. » Depuis de nombreuses années, la CGT constate que les conditions de travail des agents se dégradent : sous-effectifs, perte d’avantages acquis (notamment de jours de congé avec l’application des 1607 heures), contraintes supplémentaires et non compensées, management parfois toxique, etc. Il en résulte des difficultés de recrutement, une perte de sens des missions de service public, des souffrances physiques et/ou morales pour de trop nombreux agents et une augmentation inquiétante des arrêts de travail.
Vous êtes candidate ou candidat. Vous aurez, si vous êtes élu.e, à répondre aux aspirations des agent.es afin de :
• Rendre attractifs les services publics de votre commune ;
• Réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, notamment en matière de salaires et de responsabilités, et lutter contre les violences sexistes et sexuelles ;
• Lutter contre la précarité qui frappe majoritairement les femmes ;
• Veiller à la sécurité et au bien-être de vos agent.es dans leurs services respectifs.
Face à vos responsabilités de futur.e employeur.se, nous considérons qu’il faut répondre à ces défis majeurs par un dialogue constructif. C’est pourquoi nous vous invitons à nous répondre et à vous positionner sur les quatre points énoncés ci-dessus.
Enfin, l’extrême droite porte des orientations racistes, antisémites, homophobes, sexistes et violentes. Elle remet en cause les principes républicains et démocratiques. Contrairement à ce qu’elle tente de faire croire, elle met en place des politiques défavorables aux travailleurs et aux travailleuses et multiplie les cadeaux pour les plus riches et les plus grandes entreprises. Elle ne doit donc jamais être traitée comme un parti comme les autres. C’est la raison pour laquelle la CGT a toujours pris ses responsabilités en refusant de mettre l’extrême droite dos à dos avec une quelconque autre force politique.
La CGT vous appelle donc à vous engager à ne faire aucune alliance avec des listes ou des candidat.e.s d’extrême droite, ni au 1er tour, ni au 2nd tour, ni encore dans la gestion des métropoles et intercommunalités.
Nous vous invitons à placer, au cœur de vos engagements, la défense des services publics et des agents qui, respectés et écoutés, les font vivre, car sans eux il n’y a pas de service public, et donc pas de commune au service de tous et toutes.
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de mes respectueuses salutations.
Pour le bureau,
Stéphane TROPLAIN
Secrétaire général
23/01/2026
Nous rappelons à M. le maire que c’est d’abord un conseiller municipal qui a dénoncé le « management funeste exercé par M. Olivier Compain à l’encontre de ses agents administratifs » dans un courrier adressé au préfet d’Ille-et-Vilaine, le 27 mai 2024. L’accusation ne vient donc pas de la CGT mais d'un élu en poste au moment des faits. Signalons au passage qu'au total, six adjoints et conseillers ont démissionné depuis le début du mandat.
Les faits sont têtus et nous n’y pouvons rien. M. le maire reconnaît ainsi « des dysfonctionnements au sein des services administratifs » et il ajoute : « 9 agents sur 47 ». Ce qui représente tout de même près de 20 % des effectifs municipaux, touchés par ces « dysfonctionnements »... Nous serons plus précis : sur les dix agents en poste en mairie, trois ont été ou sont encore en arrêt de travail pour burn-out. L’un a préféré demander sa mutation plutôt que de continuer à subir l’épuisement professionnel.
M. Compain déclare avoir agi dès lors que ces faits ont été portés à sa connaissance. Donc au minimum depuis la réunion en sous-préfecture, le 30 mai 2024, avec l’un de ses adjoints, deux agents municipaux, le CDG35 et le sous-préfet lui-même. Or nous affirmons, preuve à l’appui, que les arrêts pour épuisement professionnel et souffrance au travail ont continué depuis. Nous affirmons encore, preuve à l’appui, qu’au printemps 2025, soit près d’un an après les actions soi-disant engagées par le maire, la sous-préfecture d’Ille-et-Vilaine continuait de recevoir des alertes « faisant état de la persistance de tensions et de difficultés majeures au sein des services municipaux, compromettant le fonctionnement normal de la commune ». Ce sont les propos de M. Philippe Brugnot, ex-sous-préfet, qu’il serait osé de qualifier de « malhonnêtes ». Mais aucune action n’a accompagné, semble-t-il, ce constat.
Au-delà des tentatives maladroites de M. Compain de se justifier, ce qui nous inquiète par-dessus tout, c’est l’absence totale de remise en question du management « funeste » exercé auprès des agents, et qui est sans nul doute la cause de la souffrance professionnelle et des arrêts de travail en cascade. Ce qui nous inquiète tout autant, c’est le silence voire l’action contre-productive des pouvoirs publics sensés contrôler, si besoin, l’action des municipalités. L’exemple de l’agent de Miniac-Morvan qui s’est ému de recevoir un bulletin de salaire NÉGATIF pour le mois de novembre 2025 et qui, pour la peine, a écopé d’une sanction disciplinaire, n’est pas seulement édifiant du peu de considération que l’employeur porte à ses salariés, du moins certains d’entre eux. Il témoigne aussi d’une faillite généralisée, car ce sont les services du CDG35 qui sont à l’origine de cette énorme boulette qui a eu non seulement des conséquences économiques mais aussi morales sur l’agent en question (lequel, rappelons-le, était alors en reprise à temps partiel thérapeutique). Sans entrer dans les détails, il s’agissait de trop-perçus suite une requalification d’arrêt maladie. Interrogé par les élus de Miniac-Morvan, le service Statuts et Rémunération du CDG35, à qui la municipalité a délégué la gestion des salaires, a répondu qu’« il n'y a aucune disposition légale indiquant qu'il est interdit d'établir un salaire à zéro ». On croit rêver ! Comment vit-on de son travail avec zéro euro par mois ?
Le propre site web du CDG35 confirme que le reversement de trop-perçus susceptible d’être exigé par l’employeur, « doit obéir à certaines limites » et qu’en cas de saisie sur salaire, la part pouvant être saisie ou cédée varie selon le niveau de rémunération et le nombre de personnes à charge. « Il doit être laissé au salarié une somme au moins égale au montant mensuel du revenu de solidarité active (R.S.A.). » Là encore, nous n’inventons rien !
Dire de l’alerte lancée par la CGT qu’elle « viserait à défendre l’un de ses membres, insatisfait de la situation actuelle », comme le fait M. Compain dans Ouest-France (22/01/2026) est déplacé et méprisant. Notre démarche est collective, portée par les agents victimes, qu’ils et elles soient syndiqué(e)s ou non. Elle illustre, hélas, le constat d’une dégradation de nos services publics et d’un manque de considération voire de protection pour celles et ceux qui les assurent au quotidien.
20/01/2026
À ce jour, les conséquences humaines et professionnelles de ce climat délétère sont particulièrement graves. Plusieurs agents expérimentés, en poste depuis de nombreuses années, ont été ou sont toujours placés en arrêt de travail. Certains ont quitté définitivement la collectivité. Pour d’autres, la souffrance au travail a conduit à la reconnaissance en maladie professionnelle, accompagnée d’un suivi médical et de traitements médicamenteux, traduisant une atteinte sérieuse à leur santé psychique et physique.
Face à la gravité de la situation et à ses effets durables, les agents concernés avec courage ont alerté à de multiples reprises les services de l’État, notamment la Préfecture, ainsi que le Centre de gestion départemental. Le malaise dépasse par ailleurs le seul cadre administratif : il s’est également manifesté au sein de la majorité municipale. En effet, les 16 et 27 mai 2024, deux adjoints au maire ont adressé chacun un courrier au préfet et au sous-préfet, dénonçant explicitement le comportement « odieux » d’un élu à l’égard d’un agent, ou encore « les conséquences du management funeste (ou de l’absence de management) exercé par M. Olivier Compain à l’encontre de ses agents administratifs ».
Une réunion s’est tenue en sous-préfecture le 30 mai 2024, en présence du maire, d’un adjoint, de deux agents municipaux et du Centre de gestion d’Ille-et-Vilaine, laquelle a été suivie d’un audit conduit par ce dernier. Toutefois, force est de constater qu’aucune amélioration structurelle ou durable n’a été observée depuis lors.
La CGT des Territoriaux du Pays de Saint-Malo a également exprimé sa profonde inquiétude, tant auprès des élus de Miniac-Morvan que des services de l’État, notamment par un courriel adressé à la préfecture d’Ille-et-Vilaine le 15 mars 2025. Dans sa réponse datée du 1er avril, M. Philippe Brugnot, sous-préfet de Saint-Malo reconnaissait continuer à recevoir des alertes faisant état de la persistance de tensions et de difficultés majeures au sein des services municipaux, compromettant le fonctionnement normal de la commune. Il indiquait s’engager à organiser une nouvelle réunion avec M. Compain afin de poursuivre le dialogue engagé. À ce jour, il n’est pas établi que cette rencontre ait effectivement eu lieu.
La CGT a par ailleurs été contrainte d’intervenir à plusieurs reprises directement en mairie afin de rencontrer et d’accompagner des agents en grande difficulté. À cet égard, la situation de l’ancienne directrice générale des services illustre de manière particulièrement préoccupante les dysfonctionnements observés : celle-ci a reçu, en novembre 2025, un bulletin de salaire négatif, malgré une reprise du travail en temps partiel thérapeutique depuis le mois de septembre. Après avoir légitimement alerté sa hiérarchie, elle a fait l’objet d’une mesure disciplinaire, ajoutant une pression supplémentaire à un contexte déjà fortement dégradé !
Par le présent communiqué, la CGT des Territoriaux du Pays de Saint-Malo dénonce solennellement un mode de management qu’elle qualifie de désastreux au sein de la municipalité de Miniac-Morvan. Elle déplore également l’absence de mesures correctrices efficaces de la part des autorités compétentes, en dépit des nombreuses alertes émises tant par les agents, que par certains élus et par l’organisation syndicale elle-même.
La situation actuelle appelle désormais une prise de responsabilité claire, rapide et déterminée des pouvoirs publics afin de garantir la protection de la santé des agents avant qu’un drame n’arrive, le respect du droit du travail et le bon fonctionnement du service public communal.