Baie du Mont-Saint-Michel / Bretagne romantique / Côte d'Emeraude / Pays de Dol / Saint-Malo et son agglomération
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15/06/2024
La question serait de savoir pourquoi. Un peu partout en Europe et ailleurs, des forces réactionnaires, populistes, d’extrême-droite ont pris le pouvoir et gouvernent sans que cela semble gêner le moins du monde les places boursières et les grandes entreprises qui y sont cotées.
En bon défenseur du libéralisme, compagnon de ceux qui pensent pouvoir tout administrer (un pays, un peuple, sa misère, son déclin et pourquoi pas la fin d’un monde), Emmanuel Macron s’est peut-être dit qu’il valait mieux laisser les clefs du pouvoir aux Le Pen et autres Bardella, dont on peut être sûr, au moins, de la fidélité aux valeurs du capitalisme. Les alliances utiles en découleront naturellement.
Les partisans d’une France bunkérisée dans une Europe-forteresse, qui chaufferont les bancs du Palais Bourbon sans trop froisser leurs complets sur ceux du bâtiment Louise-Weiss à Strasbourg, vont-ils raser gratis et peindre nos vies en rose ? L’ont-ils fait dans les villes qu’ils gèrent ? L’ont-ils fait dans les pays dont ils ont pris le contrôle ?
Et les autres, qu’ont-il fait pour nous ? Pour faire disparaître la misère ? Pour stimuler nos intelligences ? Pour protéger les différences ? Pour donner du sens à une vie de travail, dans un monde saturé d’anxiolytiques, de particules fines et de poisons phytosanitaires ?
On dit que des digues ont cédé, que la parole raciste et xénophobe s’est libérée, que la pensée d’extrême-droite est désormais parfaitement décomplexée.
C’est vrai.
Mais les digues ont sauté pour tout le reste aussi ! La cupidité, l’appât du gain, le cynisme, le mépris pour plus faible que soi, la bêtise assumée…
Alors, on votera. Ce n’est pas nous qui jugerons les choix même si nos valeurs profondes sont radicalement incompatibles avec celles du Rassemblement national, qui le sait et ne se prive pas de désigner la CGT comme l’organisation syndicale à abattre.
Sans forcément approuver les choix faits dans les isoloirs, nous comprenons la colère et la défiance.
Une certitude cependant : nous n’avons rien à attendre des forces politiques, néo-fascistes ou pas, qui ne font rien contre la machine à fabriquer des perdants. Car, là où il n’y a plus grand-chose à perdre, on sera toujours tenté d’aller voir du côté de ceux qui n’ont pas encore tout perdu.
Il y a tant à faire, pourtant : les milliers de milliards dépensés pour les guerres et le maintien d’un style de vie basé sur la surconsommation et le gâchis, sont autant de perdus pour vaincre les maladies, assurer les besoins fondamentaux de l’humanité tout en réparant les dégâts causés à la nature.
La vraie lutte, les vrais enjeux sont là et pas ailleurs. Ils réclament une force organisée qui, peut-être, un jour, devra enjamber les ruines d’un système politique et économique qui a fait son temps.
Et cette force reste à construire. Qu’on ait cela en tête, le 30 juin et au-delà.
28/04/2024
Comme si le travail devait être fêté ! Qu'on se le dise : le 1er mai est et restera la fête des vivants, conscients de devoir louer leur force de travail pour vivre (et parfois survivre), mais désireux d'abolir, un jour, cette aliénation.
Il faudra pour cela du temps, mais aussi et surtout de la détermination. Et pour que cette détermination prenne corps, il faut s'engager.
Se syndiquer, c'est rejoindre cet espace de solidarité construit par nos anciens.
Être solidaire, c'est se confronter à d'autres réalités de travail que la sienne et découvrir que nos problèmes sont souvent alimentés par une même source.
Nourrir cette connaissance, c'est se forger une conscience de la lutte des classes qui, décidément, est loin d'être terminée.
Et, un jour, déclarer la guerre à la classe dominante, celle qui transforme TOUT en marchandises, peu importe le coût humain, social, écologique, c'est utiliser l'arme la plus puissante qui ait jamais été inventée par les hommes et les femmes : la grève générale, qui prive le système capitaliste de tout oxygène.
En attendant, célébrons ensemble notre fête, le 1er mai, et retrouvons-nous :
Télécharger le tract de l'intersyndicale pour Saint-Malo
19/12/2023
Doit-on s'en réjouir ? C'est à Combourg que les agents municipaux auront eu le triste privilège d'apprendre les différentes déclinaisons du doigt d'honneur.
- Un maire qui ostensiblement ignore les agents grévistes et leur demande d'audience, malgré un nombre record de services à l'arrêt...
- Un maire qui, aux appréciations d'un responsable d'équipe sur un agent, préfère sa propre "lecture"...
- Un maire qui, à l'entretien d'embauche d'un agent, lui fait miroiter une titularisation "si tout se passe bien" et qui, quand tout s'est bien passé, met cet agent au chômage...
- Un maire qui, en Comité social territorial, valide une campagne de déprécarisation et la gèle trois mois plus tard, pendant un an...
- Un maire qui écarte les préconisations du service RH pour définir lui-même le montant des primes annuelles et vider ces dernières de leur sens managérial...
Etc.
Dans l'hypothèse où il s'agirait là du fonctionnement normal de la collectivité (nous ne voulons pas y croire), il faudrait alors l'inscrire clairement dans le règlement intérieur afin que chaque agent et futur agent travaille en connaissance de cause. On évitera ainsi les démissions, les burn-out, les arrêts de travail pour dépression et les mutations pour incompatibilité de vues sur le sens du travail.
En attendant qu'une réponse claire soit apportée à ce qui nous apparaît comme un dysfonctionnement profond de la collectivité, un collègue - Anthony M. -, qui avait quitté un CDI pour venir travailler aux services techniques et qui, par son investissement, donnait du sens aux valeurs du service public, ce collègue que beaucoup d'agents connaissent et apprécient, sera chômeur juste après le réveillon de fin d'année.
Vendredi 15 décembre, un nombre impressionnant de collègues se sont mis en grève pour le soutenir et appeler à sa réintégration.
Ils attendent votre réponse.
Ajoutons qu'à l'initiative d'agents syndiqués, une pétition circule actuellement dans les services, appelant à la réintégration d'Anthony et à sa stagiairisation au cours de 2024. Elle sera remise à la municipalité vendredi 22 décembre.
Il va de soi que ses signataires espèrent autre chose qu'une énième démonstration de mépris.
16/12/2023
La demande d’autorisation de manifester, de même que le tract édité pour l’occasion par la CGT, avaient été déposés en mairie (et en sous-préfecture) lundi 11 décembre. Deux jours plus tard, à l’appel téléphonique du correspondant du Pays Malouin venu l'interroger sur la grève à venir, M. le Maire de Combourg a répondu qu’il n’était « pas au courant ».
À la demande des représentants du personnel d’être reçus en délégation, M. le Besco n’a pas donné suite. Mieux : il était absent de la mairie. Parti faire ses courses, peut-être, pendant qu’à sa demande une partie de ses adjoints beurraient des sandwichs pour les écoliers ?
De notre côté, nous avons immédiatement dénoncé le mépris manifesté par un homme qui semble muré dans la solitude du pouvoir.
Par voie de presse, Joël Le Besco s’est défendu de toute politique fondée sur la précarisation des emplois en annonçant la stagiairisation de 7 agents pour 2024. Ils et elle sont 32 contractuel.les sur 75 agents, certain.es avec plus de 6 six années d’ancienneté... Depuis des années, les effectifs municipaux tournent à près de 40% de CDD... (moyenne nationale : 20%).
Il a également vanté sa générosité avec la récente revalorisation du régime indemnitaire et la participation employeur à la prévoyance, alors que les revendications des agents ne portaient pas sur une demande de pognon, mais sur la pérennité de l'emploi, l'égalité de traitement (notamment en ce qui concerne l’attribution des primes) et la politique de pilotage des services, en particulier RH.
Et sur la réintégration de notre collègue Anthony, qui sera injustement privé de son emploi et mis au chômage au 31 décembre.
Jusqu’à quand la municipalité de Combourg va-t-elle cautionner un management hyper vertical, trop souvent brutal et arbitraire, qui s’accommode volontiers de l’illégalité (hier les congés volés et les astreintes non payées, hier et aujourd’hui encore les CDD abusifs), qui maltraite les agents par des charges de travail excessives dues à un sous-effectif chronique ?
Quelle crédibilité accorder à un édile qui, d’un côté, déplore les difficultés de recrutement et de l’autre, pousse vers la sortie des agents compétents mais peut-être insuffisamment dociles ?
Quels drames faudra-t-il ? Un collègue victime d’un accident de la circulation, parce que réduit à l’état de zombie à force d’épuisement ? (cela a failli arriver récemment à un agent de la crèche)
Un enfant blessé, faute d’adultes en nombre suffisant pour surveiller la cour de récréation ?
Combien d’arrêts de travail ? (leur nombre aura atteint, en 2023, un chiffre sans doute historique, lui aussi) Combien de burn-out ?
Un an et demi après un premier mouvement social très suivi, l’essentiel du problème demeure : le lien de confiance continue de s’éroder entre la municipalité et les agents dévoués à leur travail. Et ce n’est pas le mépris délibérément affiché par M. le Maire, vendredi 15 décembre 2023, face à la masse de ses agents contraints de faire grève pour se faire respecter et défendre une autre vision des services publics, qui va arranger les choses.
14/12/2023
Dans cette fameuse note datée du 13 décembre 2023, répondant au tract de la CGT mais pas vraiment aux revendications portées (arrêt des recrutements de contractuels sur emploi permanent, mise en place d'une politique de pilotage des RH, déprécarisation rapide des 28 agents encore contractuels), M. le Maire souligne "que la Ville agit au bénéfice de ses agents" notamment à travers un régime indemnitaire (RIFSEEP) "augmenté en moyenne de 51% pour les catégories revues (majoritairement cadre C)".
Fichtre ! 51%, c'est beaucoup. Les représentants du personnel au Comité social territorial ont d'ailleurs salué cette avancée sociale significative. Mais la CGT (majoritaire au CST) a regardé d'un peu plus près ce RIFSEEP "new look". Et a comparé avec celui d'une commune que nous citons souvent, du fait de sa taille et de ses services, sensiblement identiques : Dol-de-Bretagne.
D'abord, d'où partions-nous ?
En 2020, la Ville de Dol a consacré 194 609 euros aux primes et indemnités versées à ses 74 agents. La même année, la Ville de Combourg a, quant à elle, versé 136 743 euros à ses 75 salariés. Primes Covid comprises. Une différence de plus de 42% ! Dans ces conditions, parler d'un régime indemnitaire "au ras des pâquerettes" qu'il était souhaitable, voire urgent de revaloriser, ne serait pas exagéré. D'où, peut-être aussi, les "difficultés de recrutement" que déplore M. le Maire dans sa note du 13 décembre.
En juillet 2022 (un an avant Combourg, donc), la Ville de Dol a approuvé une revalorisation du RIFSEEP. Examinons les indemnités mensuelles (IFSE, liées aux fonctions, sujétions et degré d'expertise) versées aux agents de catégorie C : le minimum est fixé à 204,16 euros (il peut monter jusqu'à 661,50 euros).
À Combourg, l'IFSE la plus basse versée aux agents de catégorie C (81% des effectifs) est de 150 euros. Après sondage, le cas est assez fréquent. Donc, une différence de plus de 36% par rapport à Dol-de-Bretagne !
Pour les agents de catégorie A (cadres), en revanche, c'est une autre affaire. À Dol, l'IFSE n'excède pas 1508,75 euros par mois. À Combourg, l'indemnité grimpe à 2050 euros pour les heureux élus (4% des effectifs) ! Une différence de près de... 36%. Amusant.
Dans son document de présentation qui a servi de base à sa délibération, la Ville de Combourg indique un effort budgétaire compris entre 52 752 euros et 83 232 euros ; pour Dol-de-Bretagne, c'est 70 000 euros. Donc, les moyens sont comparables et le problème n'est pas là. Le problème, c'est la répartition.
Moralité : les agents de catégorie C ont intérêt à postuler à Dol ; les agents de catégorie A ont intérêt à rester à Combourg.
C'est ainsi que se construit l'attractivité d'une commune !