Baie du Mont-Saint-Michel / Bretagne romantique / Côte d'Emeraude / Pays de Dol / Saint-Malo et son agglomération
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04/04/2026
Jeudi 2 avril à Saint-Malo, de nombreuses agentes des écoles étaient en grève à l'appel de la notre syndicat, de la CFDT et, fait rare, du SAM. Trois organisations représentatives d'accord pour dénoncer la dégradation des conditions de travail, la précarité de certaines et l'invisibilité de toutes, voilà une situation qui devrait préoccuper l'employeur ! La Ville de Saint-Malo, qui a reçu à deux reprises une délégation composée de représentant.es syndicales et syndicaux et majoritairement des agentes, a pris la mesure du problème. Une méthode et un calendrier de travail ont été définis. Oui, mais... ce sont les résultats qui nous intéressent !
Toujours est-il que la CGT n'a pas levé son préavis de grève et ne compte pas le faire dans l'immédiat. Pourquoi ? Parce que pour le moment, la Ville de Saint-Malo ne s'est engagée que sur la forme, pas sur le fond. Après celle du 31 mars, la seconde délégation reçue par M. Gilles Lurton, a largement pu s'exprimer et nous avons pu observer M. le maire de Saint-Malo prendre beaucoup de notes. Il faut espérer qu'il prenait surtout conscience de l'importance d'un problème pour lequel les représentant.es CGT du personnel ont pourtant tiré la sonnette d'alarme à de nombreuses reprises au Comité social territorial !
Pour les personnels des établissements scolaires : des missions qui ont évolué vers davantage de pénibilité, avec l'école inclusive qui les oblige à assurer sans moyens et sans formation des missions d'AESH, avec l'accueil des moins de trois ans et son lot de couches à changer et de postures propices aux TMS, avec un management démissionnaire ("Faites ce que vous pouvez") et rigoriste (pas ou peu d'aménagements horaires) , avec une hiérarchie qui méconnait les réalités de terrain et déséquilibre les charges de travail, avec des missions devenues obligatoires en accueil de loisirs durant les vacances scolaires, qui dévalorise les compétences respectives, crispe les relations de travail et maintient les agent.es des écoles sous pression...
Des agentes des crèches étaient également en grève. Pour elles, une dégradation des conditions de travail parfaitement comparable, avec les adaptations (premiers temps des tout-petits en multi-accueil, avec plus de pleurs et davantage d'attentions) qui génèrent fatigue et stress, une organisation du travail qui impose pratiquement tous les congés, une invisibilité et un manque de reconnaissance criants : d'autres collectivités ont adopté la prime d'attractivité pour les personnels de la petite enfance. Saint-Malo, non, malgré les demandes réitérées de la CGT...
Pour tout.es : un engagement en première ligne (souvenez-vous, le Covid...), un attachement profond à ces métiers au service des enfants et de leurs parents, un dévouement certain (nombreuses sont celles qui attrapent les maladies transmises par les petits et viennent travailler quand même) mais un management qui trop souvent les infantilise et disqualifie leur expertise, des rémunérations qui n'évoluent pas ou si peu, un épuisement qui gagne (moyenne d'âge des agent.es à Saint-Malo : autour de 50 ans) et un sens du travail qui s'érode.
Un mot sur la précarité dans les services municipaux, que nous dénonçons de longue date : l'administration nous a répondu qu'à ce jour, après avoir déprécarisé un nombre significatif de personnels, seuls six agent.es restaient concerné.es. Nous répondons : ce sont six précarités de trop ! Et nous en profitons pour dénoncer une précarisation qui n'a toujours pas été éradiquée puisque la Ville de Saint-Malo continue de faire signer des contrats horaires ! (nous pensions que cette horreur n'existait plus). Ces agent.es travaillent sans savoir combien ils/elles seront payé.es ! Une forme moderne de lumpenproletariat délibérément admise par la Ville de Saint-Malo. Saint-Malo !
Voilà, en substance, ce que M. Gilles Lurton a pu noter. Il a promis un cadre de travail avec un groupe de travail composé d'agentes et de membres de l'administration (il se réunira, en principe, à compter de mardi prochain). Puis un comité de pilotage composé de représentant.es syndicales et syndicaux, et d'élu.es. Pour des décisions énoncées en juin et mises en œuvre à la rentrée de septembre.
Nous verrons bien. Nous serons attentifs. Et surtout, nous ne lâcherons rien !