CGT des Territoriaux du Pays de Saint-Malo

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Crise managériale à Miniac-Morvan : le monde à l’envers !

24/01/2026

Crise managériale à Miniac-Morvan : le monde à l’envers !

Suite au cri d’alarme de la CGT des Territoriaux du Pays de Saint-Malo concernant la situation des agents municipaux de Miniac-Morvan, nous avons lu avec surprise les déclarations de M. Olivier Compain, maire de la commune, dont la presse s’est faite l’écho.
Celui-ci déplore une présentation malhonnête des faits, tendant à démontrer « un management désastreux qui serait de mon fait », déclare-t-il dans les colonnes de Ouest-France (22/01/2026) et du Pays Malouin (22/01/2026). Il nous paraît nécessaire de clarifier les choses et d’appeler un chat, un chat.

Nous rappelons à M. le maire que c’est d’abord un conseiller municipal qui a dénoncé le « management funeste exercé par M. Olivier Compain à l’encontre de ses agents administratifs » dans un courrier adressé au préfet d’Ille-et-Vilaine, le 27 mai 2024. L’accusation ne vient donc pas de la CGT mais d'un élu en poste au moment des faits. Signalons au passage qu'au total, six adjoints et conseillers ont démissionné depuis le début du mandat.
Les faits sont têtus et nous n’y pouvons rien. M. le maire reconnaît ainsi « des dysfonctionnements au sein des services administratifs » et il ajoute : « 9 agents sur 47 ». Ce qui représente tout de même près de 20 % des effectifs municipaux, touchés par ces « dysfonctionnements »... Nous serons plus précis : sur les dix agents en poste en mairie, trois ont été ou sont encore en arrêt de travail pour burn-out. L’un a préféré demander sa mutation plutôt que de continuer à subir l’épuisement professionnel.
M. Compain déclare avoir agi dès lors que ces faits ont été portés à sa connaissance. Donc au minimum depuis la réunion en sous-préfecture, le 30 mai 2024, avec l’un de ses adjoints, deux agents municipaux, le CDG35 et le sous-préfet lui-même. Or nous affirmons, preuve à l’appui, que les arrêts pour épuisement professionnel et souffrance au travail ont continué depuis. Nous affirmons encore, preuve à l’appui, qu’au printemps 2025, soit près d’un an après les actions soi-disant engagées par le maire, la sous-préfecture d’Ille-et-Vilaine continuait de recevoir des alertes « faisant état de la persistance de tensions et de difficultés majeures au sein des services municipaux, compromettant le fonctionnement normal de la commune ». Ce sont les propos de M. Philippe Brugnot, ex-sous-préfet, qu’il serait osé de qualifier de « malhonnêtes ». Mais aucune action n’a accompagné, semble-t-il, ce constat.
Au-delà des tentatives maladroites de M. Compain de se justifier, ce qui nous inquiète par-dessus tout, c’est l’absence totale de remise en question du management « funeste » exercé auprès des agents, et qui est sans nul doute la cause de la souffrance professionnelle et des arrêts de travail en cascade. Ce qui nous inquiète tout autant, c’est le silence voire l’action contre-productive des pouvoirs publics sensés contrôler, si besoin, l’action des municipalités. L’exemple de l’agent de Miniac-Morvan qui s’est ému de recevoir un bulletin de salaire NÉGATIF pour le mois de novembre 2025 et qui, pour la peine, a écopé d’une sanction disciplinaire, n’est pas seulement édifiant du peu de considération que l’employeur porte à ses salariés, du moins certains d’entre eux. Il témoigne aussi d’une faillite généralisée, car ce sont les services du CDG35 qui sont à l’origine de cette énorme boulette qui a eu non seulement des conséquences économiques mais aussi morales sur l’agent en question (lequel, rappelons-le, était alors en reprise à temps partiel thérapeutique). Sans entrer dans les détails, il s’agissait de trop-perçus suite une requalification d’arrêt maladie. Interrogé par les élus de Miniac-Morvan, le service Statuts et Rémunération du CDG35, à qui la municipalité a délégué la gestion des salaires, a répondu qu’« il n'y a aucune disposition légale indiquant qu'il est interdit d'établir un salaire à zéro ». On croit rêver ! Comment vit-on de son travail avec zéro euro par mois ?
Le propre site web du CDG35 confirme que le reversement de trop-perçus susceptible d’être exigé par l’employeur, « doit obéir à certaines limites » et qu’en cas de saisie sur salaire, la part pouvant être saisie ou cédée varie selon le niveau de rémunération et le nombre de personnes à charge. « Il doit être laissé au salarié une somme au moins égale au montant mensuel du revenu de solidarité active (R.S.A.). » Là encore, nous n’inventons rien !
Dire de l’alerte lancée par la CGT qu’elle « viserait à défendre l’un de ses membres, insatisfait de la situation actuelle », comme le fait M. Compain dans Ouest-France (22/01/2026) est déplacé et méprisant. Notre démarche est collective, portée par les agents victimes, qu’ils et elles soient syndiqué(e)s ou non. Elle illustre, hélas, le constat d’une dégradation de nos services publics et d’un manque de considération voire de protection pour celles et ceux qui les assurent au quotidien.

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